• Carole Fredericks & Poetic Lovers : une romance d'aujourd'hui
  • Platine Magazine
  • Novembre 1999
  • Ludovic Perrin

Les ventes de l’album « Amants poétiques » commençaient à s’essouffler. En rajoutant le titre « Personne ne saurait », un quatrième single écrit par Goldman et Veneruso, les Poetic Lover atteignent le disque de platine (300.000 exemplaires). Un échange de bons procédés entre Carole Fredericks et les Poetic.

Comment avez-vous été amenés à vous rencontrer ?

Carole Fredericks : Un jour, après les avoir vus à la tv, j’ai éprouvé le vif désir de chanter avec eux. Je les avais auparavant découverts dans Graines de Star et, déjà, ils m’avaient étonnée. Jacques Veneruso avait composé une musique que j’adorais. Ce n’est que plus tard que Jean-Jacques Goldman a trouvé des paroles pour Personne ne saurait. Jean-Jacques est très curieux, il écoute toutes sortes de musiques. Nous avons alors contacté M6 Interactions qui a transmis notre demande. Les Poetic Lovers avaient alors un emploi du temps surchargé, moi aussi je jouais en tournée mon album gospel « Springfield ». En mars 1998, nous étions fixés et en juin, nous enregistrions ensemble au Studio Plus XXX à Paris.

Qu’est-ce que cela vous a apporté de chanter avec Carole Fredericks ?

Poetic Lovers : Ce duo nous a donné une vrai assise et une crédibilité auprès des professionnels et des médias qui nous ont souvent cantonnés à un boys bands.

Carole Fredericks : Je trouve cela ridicule et réducteur, car c’est un vrai groupe de chanteurs, ils ne se sont pas formés après un casting.

Poetic Lovers : Carole n’aurait sûrement pas pu faire un duo avec les 2be3 !

Carole Fredericks : Ce sont des rencontres musicales et mon désir a croisé le leur...

Cette collaboration vous rappelle-t-elle l’époque où fraîchement arrivée en France en 1979, Laurent Voulzy vous donnait votre chance ?

Carole Fredericks : Non, la situation avec Laurent Voulzy était différente. Mais chaque expérience était unique selon les envies des chanteurs avec lesquelles je me produisais, que ce soit avec Dalida, Hallyday, Berger, ou France Gall. Mais le déclic à été la rencontre avec Jean-Jacques Goldman qui a permis à ce que mon visage et ma voix soient connus.

Cette chanson « Personne ne saurait », était-ce pour prolonger la vie de l’album Amants poétiques ?

Poetic Lovers : Oui, d’une certaine manière.

Est-ce la première fois qu’un auteur-compositeur écrit pour vous ?

Poetic Lovers : Non, sur « Amants poétiques », quelques chansons avaient étés composées par des amis à nous, arrangeurs, mais qui ne bénéficient pas de la notoriété de Jean-Jacques Goldman.

Si Worlds Apart (« Je te donne »), Melgrove (« Pas toi ») avaient repris Goldman en revanche lui ne s’était jamais risqué à écrire pour de jeunes talents. Recevez-vous cela comme un compliment ?

Poétic : Bien sûr.

Carole Fredericks : Jean-Jacques Goldman, moi, et également Michael Jones avions envie de collaborer avec les Poetic Lovers. Tout le monde était très motivé.

Quel titre aimeriez-vous reprendre ?

Poetic Lovers : Difficile de faire un choix... Il y en a tellement... Peut-être « Pas toi » comme Melgrove.

Carole Fredericks : Sur mon prochain album studio, je reprendrai une de ses chansons dont je préfère taire le nom, par superstition.

Platine : Avec quels autres auteurs et compositeurs, rêveriez-vous de collaborer ?

Carole et Poétic : On peut rêver, alors disons Babyface, Mellisa « Missy » Elliott, une femme extraordinaire à la fois auteur, compositeur, producteur. Elle écrit autant de la soul que du R&B. Elle est formidable.

Goldman a-t-il assisté aux séances d’enregistrements de « Personne ne saurait » ?

Carole Fredericks : Il est venu pendant l’enregistrement, il nous a donné son avis. Et il paraît entièrement satisfait du résultat.

Platine : Entre les Poétic Lover et Carole Fredericks, chanteurs à voix, y avait-t-il de la concurrence en studio ?

Carole Fredericks : Non ! pour moi, c’est une communication de voix. Elles m’ont inspiré et eux m’ont donné envie de chanter. Chanter de la soul en français ça m’épate !

Poetic Lovers : C’est vrai que le français ne s’y prête pas contrairement à l’anglais où tout passe. C’est plus facile de dire « I love you » que « Je t’aime ». Ça amène à trouver de nouvelles tournures syntaxiques, à utiliser le franglais comme dans « Fier de ton love. » « Amants poétiques » est ressorti avec « Personne ne saurait » et deux titres en anglais. Avez-vous de vous exportez ?

Poetic Lovers : Oui, on nous a conseillé d’essayer de toucher le marché anglophone. Nous avons adapté nos 2 premiers singles, « Prenons notre temps » et « Qu’il en soit ainsi » car ils nous avaient portaient chance. Ce furent nos deux premiers succès. Si l’essai est concluant, nous enregistrerons tout l’album en anglais et le sortirions dans les pays déjà intéressés.

Allez-vous produire ensemble sur scène ?

Carole Fredericks : Oui, je participerai à des scènes en fonction de mes disponibilités car je tourne encore avec mon groupe.

Platine : Quels sont vos projets ?

Poétic : Nous avons une foule de projets, nous ne sommes jamais à court d’idées. Un live est prévu ainsi qu’un deuxième album. Plusieurs titres ont déjà composés, enregistrés et produits. Mais on ne souhaite pas à tout prix sortir un album par an. On veut prendre le temps de bien faire les choses, car nous privilégions avant tout la qualité.

Carole Fredericks : J’enregistre actuellement mon prochain album studio, un disque en français de soul et de groove. Depuis vingt ans, la musique en France a énormément évolué. Des chanteurs ou rappeurs tels que Melgroove, Passi et MC Solaar ont réussi à faire swinguer le français. Pour ce disque, Jean-Jacques Goldman, Yvonne Jones, Jacques Veneruso, Michael Jones et Franck Levy m’ont écrit des chansons.

Vous n’avez rien écrit ?

Carole Fredericks : Non, sur mon précèdent album, j’avais couché quelques textes en anglais, mais ce n’est pas mon truc. Je préfère laisser cela à ceux dont c’est le métier.

Aujourd’hui, à la Fnac des Champs-Elysées, vous dédicacez votre cassette vidéo « Portraits ». Pourquoi avez vous sorti ce produit qui pourrait à nouveau vous assimilez à un boys-band ?

Poetic Lovers : Ça a été fait pour la promotion. Nous sommes dans une maison de disques et on nous demande de sortir des produits dérivés. Ce n’est pas notre aspiration première qui est de chanter.

Carole Fredericks : Mais ça fait plaisir à vos fans ! Un chanteur vit grâce à son public !

Avez-vous un contact avec votre public ?

Poetic Lovers : Oui, nous reconnaissons des fans fidèles à tous nos concerts avec lesquels nous avons noué un dialogue. C’est la raison pour laquelle nous avons créé un fan-club. Nous recevons beaucoup de courrier auquel il nous arrive parfois de répondre. Les lettres qui nous ont fait le plus plaisir ! Quand elles sont élogieuses. Quelques fois ils nous arrivent de téléphoner. C’est la moindre des choses car ce sont nos fans qui nous permettent d’exister.

Carole Fredericks : Moi aussi, je reçois des lettres de fans qui me félicitent pour ma collaboration avec les Poetic Lover. Même dans la rue, des gens m’arrêtent. Cette rencontre, c’est une nouvelle direction, qui m’a conduit à un autre point de ma carrière.