• L’envol de la chance
  • Le Dauphiné libéré
  • 5 août 2000
  • Juliette Chauvin

Hier soir en concert à Valence pour clore le festival d’été, Carole Fredericks, a fait grande impression à un public subjugué.

Bijoux dorés et colorés, impressions chaudes d’une voix douce et profonde et d’un rire franc et généreux. Carole Fredericks, c’est elle, simple comme on se l’imagine, amoureuse d’une vie dont elle fait son métier. Chanter, seule ou à dix-huit, duos, trios, quatuors, et plus si affinités, chanter toujours et pour toujours. Sur un coup de tête, alors qu’elle travaillait dans une agence d’intérim, en sachant très bien « qu’elle n’était pas faite pour ça, et que ça ne pourrait pas durer », Carole part pour la France. Mais pas sans raisons, parce que traverser l’Atlantique sans aucun pied à terre à l’arrivée, aucune certitude de rien, ça n’était pas possible. La vie l’a poussé vers la chanson, toute petite, « j’avais cinq ans quand j’ai su que je voulais devenir chanteuse. Je ne savais pas où, ni pourquoi ni comment, mais c’était ça ». Depuis quelques temps, elle chantait dans un restaurant français de San Francisco, « très chic » où déjà plusieurs clients français lui avaient conseillé de partir tenter sa chance dans l’hexagone. Le temps que l’idée fasse son chemin dans sa tête… et Carole prend un aller simple pour Roissy, malgré, les trois quarts de son entourage qui savaient « qu’elle était un peu folle, mais givrée à ce point… ». Ca n’y a rien changé. Carole la « givrée » débarque chez nous, seule et à l’aventure. Et là, premier (bon) coup du destin, le patron de la « Belle Hélène », le restaurant où elle travaillait, est à l’aéroport et met Carole sur les rails de la vie parisienne. Tout s’enchaîne très vite, et trois semaines après, la grande dame que l’on connaît se retrouve dans les studios de la capitale à enregistrer un tout premier album « une horreur », dit-elle dans un éclat de rire, qui la pousse pourtant à continuer, vers d’autres horizons nouveaux. De fil en aiguille, la jeune femme qu’elle est alors commence à se construire une carrière, une personnalité, et un nom dans le milieu où les places sont chères. Point d’orgue au parcours de la choriste, la rencontré avec Goldman, avec qui elle travaille dès 1986.

Ce qu’elle a retiré de son travail en trio ? « L’expérience avec Goldman et Jones a été belle et très enrichissante. Tout le temps, le public nous a vu comme un trio très soudé. Mais notre séparation ne signifie pas que l’on s’est brouillés, au contraire, Les rumeurs qui traînent sur l’internet sont totalement infondées, et il y a quand même des gens pour y croire. Simplement chacun avait des projets de son côté, des choses à faire… Goldman est le producteur exécutif de mon dernier album et on se voit régulièrement ». Pour couper la chique aux mauvaises langues. Et alors, pourquoi ne pas renouveler cette collaboration qui a si bien marché ? « Au début, les choses se sont faites sans calcul, Ce n’est pas exclu que l’on recommence, et si c’est le cas ce sera pareil. On ne fait pas de prévisions ». Le public a, depuis lors, mis un visage sur un nom qu’il connaissait bien, et de longue date. Voulzy, Berger, Bécaud, Thiéfaine, Dion, des grands nom de la chansons avec qui elle a travaillé, Carole garde des souvenirs et la chance d’avoir connu leurs différences. « Choriste, on croit souvent que c’est un métier facile. Je suis chanteuse, depuis le début, le fait ne pas toujours être sur le devant de la scène ne veut pas dit dire que s’est plus facile ». On s’en doute, et Carole la chanteuse existe bel et bien aujourd’hui. A quoi rêve-t-elle ? « Avoir un public, le mien, qui me suive et qui sache que la musique qu’il irait écouter est bonne ». Pas de doute, hier Valence était là pour toi, et celui qui voudra suivra. Parole, pas de doute, Carole hier soir, Valence, était là pour toi, et celui qui voudra suivra. Parole.