• Carole Fredericks sans choeur
  • France Soir
  • 2 décembre 1999
  • Ariane Dollfus
  • David Quint

Elle l'ose, elle le fait : cette fois-ci, Carole Fredericks fait une scène toute seule. La voilà dès ce soir, et pour six soirs, à l'Auditorium Saint-Germain-des-Prés, avec quelques invités de passage et de choix, tels Faudel, Bruno Pelletier ou Jean-Jacques Goldman. Carole Fredericks est américaine, noire, issue d'une famille aussi croyante que grande pourvoyeuse en voix de gospel.

Mais c'est en France que cette fille du Massachusetts a trouvé la voix du succès. En fond de scène, elle vocalise pour Voulzy, Souchon, Bécaud, Dalida, Johnny. Et franchit alors un rubicon réputé impossible : passer du statut de choriste à celui de chanteuse, grâce à Jean-Jacques Goldman, le chanteur qui ne rêve rien tant que d'être anonyme. Vient alors l'heure de gloire du trio Fredericks-Goldman-Jones. La voilà aujourd'hui à la tête d'un album solo (avec trois chanson signées Goldman), et d'une scène pour elle toute seule.

« Je vous jure que je n'en reviens toujours pas », affirme cette mama pleine de vie, de bagues à chaque doigt et d'enthousiasme très américain. « J'ai prévu des invités, parce que j'aime chanter avec les autres. J'ai toujours vu faire cela. C'est mon héritage anglo-saxon, sans doute »

Aujourd'hui, Carole, arrivée en France il y a 21 ans, a passé davantage d'années ici que là-bas.

Chanter toute la journée

« Ca ne m'obsède pas de ne pas être connue en mon pays. Ici, j'ai une famille musicale de choix, entre Goldman et Benzi (NDLR : le choriste de Johnny) et les autres. Pourquoi irais-je tout recommencer là-bas ? Et puis, je peux très bien redevenir choriste demain. Même si on me le demande moins. Les gens doivent penser que je ne le souhaite plus, ou que je suis trop chère, ce n'est pas le cas non plus ! » Sa voix, Carole Fredericks la travaille peu.

« J'ai pourtant cherché un professeur à Paris, mais ceux que j'ai trouvés sont trop lyriques pour moi. Le seul moyen que j'ai trouvé pour garder mes cordes vocales en état, c'est de chanter dans la journée, et de ne boire ni produits laitiers ni champagne avant d'entrer en scène. »

Aussi, le 31 décembre, avant de monter sur la scène du Lido où elle chantera « Oh Happy Day » ! sur les douze coups de minuit, Carole Fredericks sera totalement sobre. Après coup, on ne garantit pas.