• Mademoiselle chante le blues
  • Le Dauphiné libéré
  • 20 juillet 1999
  • Murielle Ledoux

Carole Fredericks, ex-choriste de Jean-Jacques Goldman, mène aujourd’hui sa propre carrière et présente, ce soir, au Grand Théâtre de plein air, à 21h30, un récital gospel et blues. Rencontre avec une Américaine qui a choisi la France. Elle a chanté en tant que choriste, avec les plus grands noms de la chanson française, Michel Berger, Hallyday, Bécaud, mais c’est Goldman qui l’a révélée au public. Carole Fredericks, sans avoir abandonné complétement son premier métier, mène maintenant parallèlement, une carrière solo. Après un premier essai réussi avec l’album « Springfield », du nom de sa ville natale aux Etats Unis, elle vient d’en sortir un second, « Couleurs et Parfums » dont elle chantera quelques nouveaux titres, ce soir.

De quelle état êtes-vous originaire ? Du Sud des Etats-Unis ?

Non je suis née au Massachusetts, entre New-York et Boston, dans une famille d’artistes. Ma mère était chanteuse et mon père pianiste et parolier, mais ils ont tout abandonné pou élever leurs neufs enfants. Taj Mahal, le chanteur de blues, c’est mon frère ainé. Au début, je ne voulais pas que les gens sachent parce que je voulais me débrouiller et réussir toute seule. Mais depuis 1990, comme ça se passe bien pour moi, je peux le dire à tout le monde.

Quand avez-vous quitté les Etats-Unis ?

Je suis arrivée en France, en 1979, et j’ai fait les chœurs dans les studios d’enregistrement pour beaucoup de vedettes françaises, tournées de Michel Berger, France Gall, Gilbert Bécaud, Mireille Mathieu. J’étais assez connue en tant que choriste.

Pourquoi avoir choisi la France ?

J’étais en Californie, je chantais dans une chorale de gospel et de temps en temps, dans un restaurant français, « La Belle Hélène ». Là, j’ai rencontré des Français qui m’ont dit qu’il fallait que je vienne chanter à Paris. Comme ma vie ne progressait pas et que je n’arrivais pas à vivre entièrement de ma musique, un beau jour sur un coup de tête, je suis partie. Sans connaitre personne, sans parler un mot de français.

C’est un peu risqué ?

Je pense que qui ne risque rien n’a rien ! Je ne voulais pas avoir de regrets. Vingt ans plus tard, je trouve que c’est une des meilleures choses que j’ai faites. Mais j’ai eu beaucoup de chance, j’ai rencontré des gens toute de suite et commence à travailler très vite. Je suis très croyante, je suis sûre que j’ai pris la bonne décision au bon moment. Mon frère, Taj Mahal m’a dit plus tard qu’il était très fier de moi. Il vit en Californie, mais il est venu me voir en concert.

Comment est-ce que tout a commencé ?

En 1986, Jean-Jacques Goldman m’a appelé et m’a proposé de chanter avec lui, pour sa tournée d’été. C’était le début d’une aventure qui continue toujours.

Vous avez participé aux disques pour les Restos du cœur, pourquoi ? Est-ce que vous connaissiez Coluche ?

Je ne le connaissais pas mais je savais qui c’était. J’ai participé au disque, chaque année parce que pour moi, c’est une bonne cause. C’est la moindre des choses que je puisse faire, donner un peu de mon temps et de mes droits, une fois par an, pour aider les gens malheureux, c’est un choix.

Pourquoi aujourd’hui, chanter en solo ?

Après le disque Fredericks-Goldman-Jones, chacun a fait un album en solo, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai calculé, c’est arrivé comme ça. De toutes façons, Michael Jones et Jean-Jacques Goldman sont toujours impliqués. Ils écrivent toujours des chansons pour moi et font même les chœurs pour moi. C’est solo mais avec la famille.

Quel sera votre repertoire, ce soir ?

En ce moment, je chante les chansons de mon précèdent album, plutôt gospel et blues, avec des petits bijoux de « song » qui ont bercé mon enfance, auxquels j’ai rajouté quelques titres en français de mon album « Couleurs et Parfums ».